L’évaluation.

« – M’dame, c’est noté ?

– Non, ce n’est pas noté, c’est évalué ! »

 

Que signifie avoir un 12/20 ? Un 05/20 ? Qu’a t-on réussi ? Où a t-on été en échec ? Comment savoir qu’on n’est pas « nul » quand on a une mauvaise note ?

Une note, parce qu’elle est globalisante, ne permet pas à l’élève et à sa famille de constater les points forts et les points faibles du travail fourni. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, la note est toujours plus importante que sa signification. Plutôt que d’insister sur ce qu’il sait ou ne sait pas et de comprendre l’origine de ses difficultés quand il est en échec, on dira d’un élève qu’il est bon ou mauvais : le jugement de valeur est inévitable.

L’élève confronté à l’échec le ressent d’autant plus douloureusement qu’il est associé à une note basse que l’on comparera inévitablement aux autres notes dans un esprit de compétition. Car la notation chiffrée permet d’abord cela, même si l’enseignant se refuse à y recourir : la hiérarchisation des élèves entre eux. Chaque élève peut se comparer aux autres et à un idéal de réussite inconsciemment intégré, ce qui renforcera le sentiment d’estime ou de dévalorisation de soi.

On sait que l’apprentissage est un processus qui implique une large part d’affectif et qu’une attitude positive apparaît comme un élément déterminant de la réussite et de l’efficacité de la transmission des savoirs.

Travailler avec des élèves en difficulté, les aider, permettre à chacun de progresser en fonction de ses possibilités signifie rompre cette logique, abandonner les notes pour aller vers autre chose.

C’est pourquoi, en ULIS, les élèves sont exclusivement évalués sous forme de compétences.

Ce système rend l’élève acteur du processus d’apprentissage, il l’oblige à développer des capacités d’analyse (compréhension et analyse de ses échecs), il lui évite de se sentir enfermé dans une catégorie (le bon/mauvais élève) en tenant compte de la complexité de chaque individu, il l’incite à progresser en valorisant tout ce qui est positif, et il permet, pour l’enseignant, de mettre en place un travail adapté à chacun.

Ainsi, l’élève peut constater ses faiblesses mais aussi ses atouts et ses progrès. Il comprend mieux le résultat obtenu puisque ce dernier correspond à des qualités et des erreurs qu’il peut lui même observer. Il sait où il se situe dans ses apprentissages, sur quoi les efforts doivent se porter pour améliorer ses compétences.  L’élève sait pourquoi il travaille, ce qu’on lui demande a du sens.

Evaluer par compétences permet donc :

  • de donner du sens aux savoirs enseignés,
  • d’amener chaque élève au maximum de ses possibilités et de valoriser le potentiel de chaque élève,
  • de favoriser la différentiation pédagogique,
  • de favoriser l’autonomie et la formation d’une pensée autonome de l’élève,
  • de respecter les rythmes de chacun.

Source :“Pour en finir (ou presque) avec les notes – Évaluer par les compétences.” Isabel Pannier (Les cahiers pédagogiques)

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